Exposition La vie invisible à Pontault Combault du 23 avril au 17 juillet 2022

Plus d'infos sur l'exposition La vie invisible à Pontault Combault

Dans les dernières décennies du XXe siècle, les Études de Genre (dans leurs nombreuses perspectives) se sont concentrées sur les pratiques artistiques et les théories conçues, pensées et générées par les femmes. De nombreuses femmes-auteures-artistes ont approfondi et élargi des problématiques qui re ètent leurs convictions et établissent des intentions. Cependant, ce corpus de travail, cette pensée, cette ré exion, demeurent mal connus.

Dans ce contexte, curieux de la scène portugaise, le CPIF a invité Raquel Guerra*. Celle-ci a conçu une exposition dont elle emprunte le titre au livre de l'auteur brésilienne Martha Batalha, "La vie invisible". Elle présente le travail de douze femmes artistes portugaises de différentes générations, qui utilisent la photographie comme outil opérationnel et travaillent l'image au sens élargi du terme.

"Ève cesse d'être une côte" **

L'invisibilité est une construction. Nous pourrions considerer que l'appréhension du réel se situerait entre ce qui est observable et l'ensemble des valeurs qui rendent les choses visibles. Ainsi, l'invisibilité résulte de la non-reconnaissance d'autrui pour des raisons d'ordre culturel.

L'invisibilité, contrairement à la cécité, n'est pas une donnée biologique. Dans la société actuelle, caractérisée par l'insatiabilité visuelle, être invisible tend à signifier que l'inexistance ou l'insignifiance. Dans cette acception, l'invisibilité peut relever tantôt d'un acte volontaire et conscient, tantôt d'un acte inconscient résultant d'une construction sociale enracinée, structurelle et presque universellement acceptée.

Les sociétés contemporaines perpétuent un modèle d'invisibilité féminine. Aux femmes, il échoie, le plus souvent, le rôle inhérent à leurs prétendues "qualités naturelles".

Face à un modèle essentiellement masculin fait d'action, de pouvoir et de force, il est encore attendu des femmes une certaine forme de soumission et de passivité. L'utilisation quasi pater-naliste de leur corps comme objet reproducteur induit l'idée de leur incapacité (ou de leur invisibilité) en tant qu'êtres pensants et agissants.

L'émancipation et la visibilité sociale sont quelques-uns des points importants des Études Féministes. Disposer librement de son corps. Exprimer son opinion (ou sa vision) du monde. Sortir de l'ombre des hommes. Tout cela nous a poussées à une lutte que nous, les femmes portugaises, continuons de mener.

L'exposition "La Vie Invisible" est une réflexion sur la condition féminine, sur la condition de l'artiste femme, sur la condition d'être femme artiste au Portugal, pays où les droits les plus basiques sont loin d'être respectés entre les genres.

Cette exposition réunit les oeuvres de Rita Barros, Carla Cabanas, Bárbara Fonte, Ana Janeiro, Manuela Marques, Brígida Mendes, Rita Castro Neves, Margarida Paiva, Ção Pestana, Graça Sarsfield, São Trindade et Júlia Ventura.

Elle établit un dialogue autour des questions identitaires à travers l'autoportrait comme possibilité de reconstruction de sa propre identité ; autour des artistes femmes qui questionnent leur propre condition à travers la représentation d'autres femmes ; et, enfin, autour d'une discussion, mais cette fois métaphorique, de cette notion d'invisibilité.

Dans cette exposition, nous proposons de donner à voir l'image de la force féminine, de contrer la vie invisible qui nous est très souvent imposée, de prouver que nous sommes bien plus que la simple côte d'Adam.

Raquel Guerra

* Raquel Guerra a été accueillie en résidence au CPIF en 2021.

**Extrait du poème Eva, de Silvio Rodriguez, 1989

Autour de l'exposition :

· Journée événement en présence des artistes et de la commissaire

Samedi 23 avril à partir de 15h

15h - 16h : Inauguration

16h - 17h : Performance d'Ana Janeiro

17h - 18h30 : Table ronde en présence des artistes et de la commissaire

Navette gratuite sur réservation au 01 70 05 49 80 / contact@cpif.net

Départ à 14h15 de Paris, place de la Bastille (Opéra) ; 2 navettes de retour sont prévues à 17h et 18h30 au départ du CPIF

· Sam'di en famille

Les samedis 14 mai, 11 juin et 9 juillet 2022

Des jeux et des activités pour petit·e·s et grand·e·s afin de découvrir l'exposition autrement ! À partir de 5 ans, gratuit, sur inscription.

Partenaires du projet

Ce projet est soutenu par la Fondation Calouste Gulbenkian - Délégation en France, qui l'a cofinancé dans le cadre du programme EXPOSITIONS GULBENKIAN pour soutenir l'art portugais au sein des institutions artistiques françaises.

Projet conçu par Raquel Guerra lors de sa résidence internationale au CPIF en 2021 ayant reçu le soutien de la ville de Porto.

Visuel : Graça Sarsfield, Sans titre #2, série Nem 3 dias o Mundo vê passar, 2021, courtesy de l'artiste.

Site web : https://www.cpif.net

Infos réservation :

contact@cpif.net
0170054980

Photo de La vie invisible

Tous les artistes de La vie invisible

  • Raquel Guerra •
  • Ana Janeiro •
  • Bárbara Fonte •
  • Brigida Mendes •
  • Ção Pestana •
  • Carla Cabanas •
  • Graça Sarsfield •
  • Júlia Ventura •
  • Manuela Marques •
  • Margarida Paiva •
  • Rita Barros •
  • Rita Castro Neves •
  • São Trindade •

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